L’ÉMERVEILLEMENT, UNE RESSOURCE NATURELLE POUR APAISER LE STRESS
COMMENT L'ÉMERVEILLEMENT, LA PRÉSENCE AU CORPS ET LA RECONNEXION AU VIVANT PEUVENT NOUS AIDER À RÉGULER NATURELLEMENT LE STRESS ET RETROUVER PLUS DE CALME INTÉRIEUR
Une expérience vécue : accueillir ce qui est là et se nourrir de la beauté du vivant
Les images des incendies qui ont ravagé la forêt de Fontainebleau m’ont profondément touchée.
Derrière les hectares de forêt détruits, je pense aux arbres, aux oiseaux, aux animaux, à tous les êtres vivants pris dans les flammes. J’ai ressenti de la tristesse, de la colère aussi.
Ces émotions ont besoin d’être accueillies. J’ai pris le temps de les écouter, de sentir où elles résonnaient dans mon corps et de les accueillir.
Puis j’ai levé les yeux. Devant moi il y avait la mer. Son immensité, son mouvement, les oiseaux dans le ciel. Je me suis laissée toucher par cette beauté qui était là. Ce moment n’a pas effacé ma peine et ma colère mais il m’a permis de retrouver de l’espace à l’intérieur de moi, de respirer plus librement, et de me sentir profondément reliée au vivant. J’ai compris à ce moment-là que l’émerveillement ne nous demande pas de détourner le regard de ce qui fait mal. Il peut coexister avec la tristesse, le colère ou l’inquiétude. Il nous aide simplement à rester en lien avec ce que nous aimons et avec ce que nous souhaitons préserver.
C’est ce qui m’a donné envie d’écrire cet article de blog.
L’émerveillement est, pour moi, à la fois une capacité et une valeur profondément ancrée.
Dans un monde où tout va vite, où notre attention est constamment sollicitée, nous oublions parfois que l’émerveillement est une formidable ressource. Une ressource accessible, gratuite, qui nous ramène au moment présent et peut nous aider à apaiser naturellement notre stress.
Si vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous voyez souvent apparaître sur mes publications le hashtag #PrésenceÉmerveillée. Il résume une manière d’être au monde qui m’est chère : ralentir, faire des pauses, sortir du mode automatique, ouvrir pleinement ses sens et laisser une place à ce qui nous touche profondément.
L’émerveillement ne fait pas disparaître la douleur du monde, mais il nous aide à ne pas perdre le lien avec ce qui est vivant.
L’émerveillement, bien plus qu’une émotion
Pour moi, l’émerveillement est à la fois une émotion et une manière d’être au monde.
Il peut surgir lorsque nous sommes profondément touchés par quelque chose : l’immensité d’un paysage, le chant d’un oiseau, une œuvre d’art, une musique, un sourire, la beauté d’une fleur, la complexité fascinante de notre corps et son intelligence, ou simplement dans ce sentiment d’harmonie que l’on ressent lorsque l’on est pleinement présent à soi-même.
Les chercheurs en psychologie positive décrivent l’émerveillement comme une émotion particulière "awe" en anglais. Elle apparaît lorsque nous faisons l’expérience de quelque chose qui nous dépasse et qui élargit notre regard. Pendant quelques instants, nous cessons d’être uniquement absorbés par nos préoccupations. Nous nous sentons reliés à plus grand que nous : la nature, le vivant, les autres. Nous retrouvons le sentiment de faire partie d’un ensemble plus vaste que nous. Cette sensation de connexion peut nous apporter un sentiment d’apaisement, d’humilité et d’harmonie.
Je crois aussi que l’émerveillement peut devenir une capacité que l’on cultive.
Lorsque nous prenons le temps de ralentir, de faire des pauses régulières dans nos journées, d’éveiller nos sens et de porter une attention plus consciente à ce qui nous entoure, nous devenons peu à peu plus disponibles à ce qui éveille notre curiosité, notre sensibilité, à ce qui nous met en relation avec le vivant en nous et autour de nous.
L’émerveillement n’est alors plus seulement une émotion qui nous traverse, il devient une manière d’habiter le monde, une qualité de présence que nous pouvons nourrir chaque jour.
Et cette présence émerveillée transforme profondément notre façon de vivre le quotidien.
On pourrait dire que l’émotion d’émerveillement est l’étincelle, et que la présence émerveillée est le feu que nous choisissons d’entretenir.
Pourquoi l’émerveillement peut-il apaiser le stress ?
Face à un stress, notre cerveau cherche avant tout à nous protéger. Il active ce que l’on pourrait appeler un mode vigilance. Notre attention se focalise sur ce qui pourrait représenter une difficulté ou une menace. Le cœur bat plus vite, la respiration devient plus courte, les muscles se préparent à l’action. Ce mécanisme est utile : il nous permet de réagir lorsque nous sommes réellement en danger. Le problème, c’est qu’aujourd’hui ce mode de fonctionnement reste souvent activé au-delà des situations qui le nécessitent. Les sollicitations permanentes, la charge mentale, les inquiétudes ou les ruminations maintiennent parfois notre organisme dans un état d’alerte presque continu.
Notre regard se rétrécit. Nous voyons surtout ce qui manque, ce qu’il reste à faire, ce qui nous inquiète.
L’émerveillement ouvre une autre voie. Lorsque nous nous laissons surprendre, lorsque nous nous laissons toucher par le chant d’un oiseau, la lumière dans les arbres, l’immensité du ciel, une musique ou un moment de profonde présence, notre attention se déplace. Nous ne sommes plus uniquement tournés vers les menaces. Nous redevenons disponibles à la vie qui est là.
Cette expérience peut favoriser un ralentissement de la respiration, un relâchement progressif des tensions et un sentiment de sécurité intérieure. Peu à peu notre système nerveux retrouve un fonctionnement plus apaisé, propice au repos, à la récupération et à la digestion. C’est ce qu’on appelle la régulation du stress. Le problème n’est pas que notre cerveau déclenche le stress : c’est un mécanisme indispensable à notre survie. Le véritable enjeu est qu’il ne reçoive pas toujours suffisamment de signaux de sécurité lui permettant de comprendre que le danger est passé ou qu’il n’est pas présent dans l’instant. La respiration, la présence au corps, le contact avec la nature, les expériences d’émerveillement ou encore les moments de connexion avec les autres peuvent justement devenir de précieux signaux de sécurité. Ils aident notre organisme à retrouver un état d’équilibre.
L’émerveillement ne fait pas disparaitre les difficultés de la vie. Il nous aide simplement à ne plus les laisser occuper tout l’espace. Il élargit notre regard, nous reconnecte au moment présent et nous rappelle que, même au cœur des périodes difficiles, le vivant continue de nous offrir des points d’appui.
Il existe aussi, au milieu de ce qui est difficile, des sources de beauté, de lien et de gratitude.
C’est peut-être pour cela qu’après un moment passé à contempler la mer, une forêt, un ciel coloré, un coucher de soleil, ou même une fleur, nous nous sentons souvent plus calmes, plus présents et plus vivants.
L’émerveillement n’est pas seulement un moment agréable. C’est aussi une manière de rappeler doucement à notre système nerveux que, dans cet instant précis, il peut souffler.
L’émerveillement et la sophrologie : cultiver une présence à soi et au monde
L’émerveillement rejoint profondément l’esprit de la sophrologie.
A travers la respiration, les exercices de relaxation dynamique et les techniques de visualisation positive, la sophrologie nous invite à ralentir, à sortir du mode pilote automatique et à revenir à notre expérience intérieure.
Elle nous apprend à porter notre attention à ce qui est là, ici et maintenant, en mobilisant nos sensations : notre respiration, nos perceptions corporelles, nos émotions, notre environnement.
La sophrologie est une approche particulièrement adaptée à la gestion du stress, car elle nous apprend à développer une meilleure écoute du corps et à retrouver progressivement un état de calme intérieur.
Dans nos vies souvent rapides et chargées, nous avons besoin de réapprendre à ressentir.
Ressentir notre souffle, percevoir les messages de notre corps, être à l’écoute de ce qui se passe en nous.
Au fil des séances, nous développons notre capacité à porter un regard différent sur ce que nous vivons. Nous apprenons à être davantage présents à nous-mêmes et à reconnaître ce qui nous fait du bien.
La sophrologie nous permet également de créer et de retrouver des moments ressources. Grâce à la visualisation, nous pouvons laisser (re)venir un lieu, un souvenir ou une expérience dans laquelle nous nous sommes sentis profondément apaisés, reliés ou émerveillés. Notre cerveau est capable de réactiver certaines sensations corporelles et émotionnelles associées à cette expérience, comme si nous en retrouvions la trace en nous.
Peu à peu, ces expériences deviennent des points d’appui intérieurs que nous pouvons retrouver lorsque le stress prend trop de place.
L’émerveillement n’est alors pas seulement quelque chose que nous rencontrons à l’extérieur de nous. Il devient aussi une ressource que nous pouvons nourrir en nous.
Comment cultiver une présence émerveillée au quotidien ?
L’émerveillement n’est pas quelque chose que l’on attend uniquement lors de grands moments. Il peut se développer comme une capacité d’attention, une manière d’être plus présente à ce qui nous entoure.
Cette capacité est en chacun de nous. Elle peut être nourrie lorsque nous prenons le temps de ralentir, de nous rendre disponible à l’instant présent et d’éveiller nos sens.
Plus nous cultivons cette qualité de présence, plus notre regard devient disponible à ce qui nous touche et nous relie au vivant.
Voici quelques invitations pour nourrir cette présence émerveillée au quotidien :
- faire une chose à la fois, en étant pleinement présent à ce que l'on fait
- prendre quelques minutes pour observer le ciel, écouter le chant d’un oiseau, le bruit des vagues ou le vent dans les feuillages selon la saison
- observer la lumière qui change au fil de la journée, les couleurs, les nuances
- sentir le parfum d’une fleur ou d’une infusion
- marcher lentement en laissant les cinq sens s’éveiller
- contempler un tableau, écouter une musique sans rien faire d’autre
- terminer la journée en repensant à un moment qui nous a touché
- prendre quelques instants pour observer son corps avec curiosité et gratitude, reconnaître tout ce qu’il nous permet de vivre 😊
Cultiver l’émerveillement, c’est peut-être réapprendre à voir ce qui est déjà là.
Ce n’est pas nier les difficultés, ni fermer les yeux sur ce qui nous attriste. C’est choisir de faire de la place en soi pour la beauté, le vivant et la gratitude.
Retrouver le lien avec ce qui compte
Nous ne pouvons pas empêcher toutes les sources de stress de traverser nos vies. En revanche, nous pouvons choisir d’accorder chaque jour quelques instants à ce qui nourrit notre présence.
L’émerveillement est une ressource simple, accessible et profondément humaine. Il nous invite à ralentir, à respirer, à éveiller nos sens et à retrouver ce lien précieux avec nous-mêmes, avec les autres et avec le vivant.
Peut-être est-ce là l’une des plus belles façons d’apaiser le stress : retrouver, au cœur de l’ordinaire, cette capacité à être touché par ce qui est déjà là, être touché par le vivant, même lorsque le monde nous bouleverse.
Car l’émerveillement ne nous éloigne pas du réel. Il nous aide au contraire à rester reliés à ce qui compte vraiment pour nous. En accueillant à la fois la tristesse et la beauté, la colère et la gratitude, nous pouvons retrouver un espace intérieur depuis lequel il devient possible d’agir.
L’émerveillement n’est pas une façon de fuir le monde tel qu’il est. Il est une manière de rester profondément relié à lui, et peut-être de retrouver l’élan nécessaire pour en prendre soin.


